Des scientifiques découvrent quel est le minuscule ingrédient qui soutient la photosynthèse du phytoplancton et l’oxygène de la planète

L’oxygène de la planète ne provient pas uniquement des arbres. Une grande partie provient de la mer, grâce au phytoplancton, des algues microscopiques qui flottent près de la surface et qui, bien que minuscules, jouent un rôle essentiel : transformer la lumière du soleil en énergie, libérer de l’oxygène et nourrir du krill aux baleines.

Cependant, ce processus dépend d’un ingrédient très spécifique : le fer. Bien qu’il soit requis en quantités minimes, sa présence est décisive pour que la photosynthèse fonctionne correctement. Le fer arrive dans l’océan principalement par la poussière des déserts et l’eau de la fonte des glaciers.

La découverte scientifique

Des chercheurs de l’Université de Rutgers ont démontré que, lorsque le fer se fait rare, le phytoplancton commence à gaspiller de l’énergie, la photosynthèse échoue et les effets secondaires s’étendent tout au long de la chaîne alimentaire.

L’étude, dirigée par Heshani Pupulewatte, a inclus 37 jours de travail sur le terrain entre 2023 et 2024 dans l’Atlantique Sud et l’Océan Antarctique. En utilisant des fluoromètres personnalisés, les scientifiques ont mesuré la fluorescence émise par le phytoplancton sous stress dû au fer, c’est-à-dire l’énergie gaspillée lorsque la photosynthèse ne fonctionne pas correctement.

Les résultats ont montré que jusqu’à 25 % des protéines qui captent la lumière se désaccouplent des systèmes qui convertissent cette énergie en énergie chimique utile. En d’autres termes, elles captent la lumière solaire mais ne peuvent pas l’exploiter, libérant plus d’énergie sous forme de fluorescence.

oxygène de la planète
L’oxygène de la planète est généré par le phytoplancton marin.

Conséquences écologiques

Le fer est un micronutriment clé et de vastes régions de l’océan présentent des niveaux naturellement bas. Selon le chercheur Paul G. Falkowski, « le fer est un facteur limitant dans la capacité du phytoplancton à produire de l’oxygène dans de vastes régions de l’océan ».

Le changement climatique peut aggraver le problème en modifiant la circulation océanique, réduisant l’apport de fer dans certaines zones. Cela ne signifie pas que l’humanité va manquer d’oxygène immédiatement, mais que la productivité de l’océan diminue silencieusement, affectant les espèces qui dépendent de cette base alimentaire.

Le phytoplancton est la principale source de nourriture du krill, qui à son tour soutient les manchots, les phoques, les morses et les baleines dans l’Océan Austral. Moins de fer implique moins de phytoplancton, moins de krill et, par conséquent, moins de ces majestueuses créatures.

Un moteur fragile

L’étude souligne que le moteur d’oxygène de la Terre dépend d’un ingrédient minuscule mais critique. Le manque de fer n’arrête pas la respiration humaine, mais il menace la chaîne trophique marine et la biodiversité océanique.

La recherche démontre que l’équilibre de la planète peut dépendre de micronutriments invisibles, nous rappelant que la santé de l’océan est inséparable de la santé mondiale.

Le fer, bien que microscopique en quantité, est l’engrenage qui maintient en marche la photosynthèse du phytoplancton et, avec elle, le moteur d’oxygène de la planète. Sa rareté révèle la fragilité des systèmes naturels et la nécessité de comprendre comment le changement climatique et l’altération des cycles océaniques peuvent affecter silencieusement la vie sur la planète.

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