La croissance de la culture de la séparation et du recyclage au Mexique connaît un moment historique. L’association civile ECOCE, leader en éducation environnementale et économie circulaire, a célébré l’expansion de PetStar, la plus grande usine de recyclage de PET de qualité alimentaire au monde.
Cette expansion représente non seulement une avancée technologique sans précédent dans le pays, mais aussi le résultat tangible de plus de 20 ans de transformation sociale impulsée par ECOCE.
Génération de déchets et potentiel du PET
Selon les données de l’INEGI et de la SEMARNAT, chaque personne au Mexique génère environ un kilogramme de déchets par jour, dont entre 12 % et 14 % sont des plastiques. Cependant, tous n’ont pas le même potentiel de récupération.
Le PET (plastique identifié par le numéro 1) est le matériau le plus recyclé au Mexique et possède la chaîne de valeur la plus consolidée. Ce développement a permis à des projets de classe mondiale comme PetStar de fonctionner et de s’étendre, tandis que d’autres résines rencontrent encore des défis pour passer à des modèles véritablement circulaires.
ECOCE : éducation et coresponsabilité citoyenne
Depuis sa création, ECOCE a construit un écosystème basé sur :
- Éducation environnementale.
- Coresponsabilité citoyenne.
- Collaboration avec les gouvernements et les entreprises.
Ce travail a renforcé la séparation des déchets dans des millions de foyers, d’écoles et de communautés, générant le volume et la qualité nécessaires pour que des infrastructures comme PetStar puissent croître et opérer à l’échelle mondiale.

Expansion de PetStar : chiffres et réalisations
La nouvelle étape permettra à PetStar d’augmenter sa capacité annuelle de résine recyclée de qualité alimentaire de 50 000 à 86 000 tonnes, à partir de la collecte provenant de ses centres opérationnels dans tout le pays.
L’impact environnemental est l’un des plus importants en Amérique latine :
- Elle traite 5,5 milliards de bouteilles par an, équivalant à remplir 4,5 fois le Stade Azteca.
- Elle est certifiée Zero Carbon Footprint depuis 2020.
- Elle recycle 60 % de l’eau utilisée.
- Elle permet aux bouteilles de PET d’avoir des “vies infinies”, évitant ainsi la production de nouveau plastique.
Tout au long de son histoire, PetStar a collecté plus de 86,3 milliards de bouteilles et produit plus de 820 000 tonnes de résine recyclée.
Économie circulaire : mythes et réalités
Pour ECOCE, ces réalisations confirment que l’éducation environnementale soutenue transforme des systèmes entiers. Jorge Terrazas, directeur général de l’organisation, a expliqué que l’économie circulaire vise à maintenir les matériaux en usage le plus longtemps possible, en intégrant des stratégies telles que la réduction, le redesign, la réutilisation et le recyclage.
Le directeur a également réfuté certains mythes :
- “Le recyclage ne sert à rien” : il fonctionne lorsque le système opère de manière articulée.
- “Si le taux de collecte baisse, le système a échoué” : les taux fluctuent pour des raisons économiques ou réglementaires.
- “L’économie circulaire signifie éliminer les plastiques” : en réalité, elle intègre réduction, redesign, réutilisation et recyclage.
Défis et articulation des acteurs
Terrazas a souligné que pour que l’économie circulaire progresse, tous les acteurs doivent avancer au même rythme :
- Les citoyens en séparant correctement.
- Les gouvernements locaux en garantissant une collecte adéquate.
- L’industrie en redesignant et en demandant du contenu recyclé.
- Les recycleurs en opérant des chaînes efficaces.
- Les autorités en régulant sur une base scientifique.
Lorsque l’un de ces maillons est à la traîne, l’ensemble du système perd en efficacité.
ECOCE 2.0 : articulateur du système
ECOCE, fondée et soutenue par l’industrie des boissons et des aliments, remplit la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) pour la gestion des emballages. Avec ECOCE 2.0, l’organisation connecte l’industrie, le gouvernement, le monde académique, les recycleurs et les citoyens pour promouvoir des solutions basées sur des preuves.
Au-delà des défis mondiaux, la séparation à la source reste indispensable : chaque emballage correctement séparé peut être réincorporé dans le cycle productif au lieu de finir dans des décharges ou des écosystèmes naturels.
Le Mexique dispose d’infrastructures, d’expérience et d’acteurs engagés. Le défi maintenant est d’aligner tous les secteurs pour que les matériaux circulent réellement et que le pays progresse vers un modèle plus durable et efficace.
Avec ce nouveau chapitre, ECOCE réaffirme son engagement à promouvoir une économie circulaire robuste, informée et coresponsable, où chacun peut dire : “Je décide. Je sépare. Je recycle.”



