Brésil : la justice annule une amende environnementale de trois millions de dollars contre Neymar à Mangaratiba

Un tribunal de l’État de Rio de Janeiro a annulé une amende environnementale de plus de trois millions de dollars qui pesait sur le footballeur Neymar, accusé de causer de la pollution dans deux baies en déversant des déchets de la construction d’un lac artificiel dans sa maison de Mangaratiba, à 130 km de Rio.

La sanction avait été imposée en juillet 2023 par la mairie locale, mais la justice a déterminé qu’elle devait être déclarée nulle pour des lacunes dans l’enquête. Selon le jugement, l’infraction était basée uniquement sur des photographies et des vidéos envoyées par une dénonciation anonyme en 2019, sans confirmation officielle des autorités environnementales.

La défense du joueur a présenté une expertise technique indiquant que la qualité de l’eau à la date du supposé déversement était dans les valeurs tolérées. L’équipe juridique a allégué que l’affaire avait commencé à cause de l’agitation médiatique générée par l’implication d’un athlète de renommée mondiale.

L’amende, équivalente à 16 millions de réais, était suspendue depuis 2024 et est maintenant définitivement annulée.

multa ambiental
L’annulation de l’amende environnementale à Neymar met en évidence des lacunes dans l’enquête.

Cas similaires de personnalités publiques

Au Brésil, les conflits environnementaux impliquant des célébrités ou de grandes entreprises sont souvent liés à la construction de demeures dans des zones protégées ou à des catastrophes industrielles.

  • Anitta: a fait face à des controverses juridiques pour sa maison dans la Réserve Biologique de Tinguá.
  • Leonardo DiCaprio: bien qu’il n’y ait pas eu de procès, Jair Bolsonaro l’a accusé sans preuves de financer des ONG qui auraient provoqué des incendies en Amazonie.

Ces épisodes montrent comment l’exposition médiatique peut influencer la perception et la gestion des conflits environnementaux.

Problèmes environnementaux structurels au Brésil

Au-delà des cas individuels, le Brésil fait face à des défis critiques :

  • Pollution de l’eau et des plages: plus de 70% des plages touristiques peuvent ne pas respecter les normes sanitaires après de fortes pluies.
  • Déforestation amazonienne: responsable de 74% des émissions de gaz à effet de serre du pays.
  • Agro-industrie et agrochimiques: utilisation intensive de pesticides toxiques qui affectent l’air, le sol et la biodiversité.
  • Gestion des déchets: le Brésil est le pays latino-américain qui déverse le plus de plastiques dans l’océan, avec 1,3 million de tonnes annuelles.

Implications du jugement

L’annulation de l’amende contre Neymar ouvre un débat sur l’efficacité des mécanismes de contrôle environnemental au Brésil. La dépendance aux dénonciations anonymes et aux preuves peu solides met en évidence la nécessité de renforcer les institutions chargées de surveiller et de sanctionner les dommages écologiques.

De plus, l’affaire reflète la tension entre la justice environnementale et la pression médiatique: lorsqu’il s’agit de personnalités publiques, les processus acquièrent une plus grande visibilité, mais peuvent également être influencés par la renommée de l’accusé.

Le jugement qui exonère Neymar de payer une amende environnementale de plusieurs millions ne supprime pas la préoccupation pour les problèmes structurels de pollution et de déforestation auxquels le Brésil est confronté. Pendant ce temps, le pays reste l’un des plus grands émetteurs de plastiques dans l’océan et un foyer de déforestation amazonienne.

La résolution judiciaire met en lumière la nécessité d’institutions plus solides, d’enquêtes rigoureuses et de politiques environnementales cohérentes pour relever les défis de durabilité.

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