Alerte pour 118 réservoirs chimiques apparus sur la plage d’une localité de la province de Buenos Aires

En avril 2026, après la fermeture de la saison estivale, des habitants de Mar del Tuyú ont signalé l’apparition de 118 réservoirs chimiques avec des inscriptions en chinois devant une station balnéaire centrale. Les objets ont été placés comme une « tranchée » pour freiner l’avancée de la mer sur la plage, mais sans certification de nettoyage ni autorisation officielle.

Le groupe Communauté en Action a alerté sur le risque environnemental et sanitaire : plusieurs habitants ont signalé des maux de tête et des démangeaisons dans la gorge, ainsi que des odeurs fortes et des taches huileuses sur le sable après les pluies.

Opération d’urgence

La situation a motivé une opération de Défense Civile, dont les agents ont retiré les réservoirs avec des combinaisons de sécurité et des scaphandres. Les objets ont été transportés vers un site de l’organisme, loin du centre urbain, près de l’aérodrome et de la Route 11.

Le sous-secrétaire Augusto Giachetti a précisé qu’il n’y a pas eu d’évacuations ni d’hospitalisations, bien que des mesures préventives aient été prises. Le UFI 4 de Dolores, spécialisé dans les crimes environnementaux, enquête sur l’affaire sous la direction du procureur Mario Pérez.

Contexte d’érosion côtière

Mar del Tuyú fait face depuis une décennie à un processus accéléré d’érosion côtière, aggravé par le changement climatique et les tempêtes du sud-est. Selon le géologue Federico Isla, certaines zones du Parti de la Costa perdent plus de 1,3 mètre de plage par an, avec des habitations en risque d’effondrement et des fondations exposées.

Le manque de budget empêche l’application de la loi d’expropriation des habitations qui permettrait de dégager 50 mètres de front côtier. Pendant ce temps, les habitants dénoncent des solutions improvisées qui mettent en danger la santé et l’environnement.

réservoirs chimiques
Les réservoirs chimiques à Mar del Tuyú suscitent des préoccupations.

Substances détectées

Le Parc Côtier Sud a analysé les étiquettes des réservoirs et a trouvé des composés tels que :

  • MTFA (m-Trifluorométhylaniline) : dérivé du benzène, utilisé dans la fabrication d’herbicides et de pesticides.
  • N-Dibutylamine : courante dans l’industrie du caoutchouc et du textile, corrosive et toxique.
  • Étiquettes avec “eaux acides” et “eaux ammoniacales avec cuivre”, confirmant que les réservoirs contenaient des déchets dangereux.

Le rapport avertit que ces substances sont corrosives, toxiques et hautement inflammables, et que leur abandon constitue un déversement clandestin de déchets industriels.

Impact social et touristique

La crise frappe directement la principale activité économique de la localité : le tourisme de saison. Avec des plages réduites et des structures endommagées, la communauté craint de perdre sa « poule aux œufs d’or ». Les habitants insistent sur le fait que prendre soin de la plage est essentiel pour maintenir l’attrait touristique et l’économie locale.

Le cas des 118 réservoirs chimiques à Mar del Tuyú expose la fragilité des côtes de la province de Buenos Aires face au changement climatique et à l’érosion, mais aussi l’urgence d’appliquer des politiques de gestion environnementale rigoureuses. L’enquête judiciaire déterminera les responsabilités, tandis que la communauté réclame des solutions réelles qui protègent à la fois la santé publique et l’avenir touristique de la région.

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