La crise de l’élevage patagonien a profondément transformé le territoire au cours des dernières décennies. Des milliers d’hectares ont été abandonnés après la fermeture d’établissements ruraux affectés par la faible rentabilité, la désertification et la détérioration des pâturages naturels.
Actuellement, plus de 25 millions d’hectares restent hors production dans différentes zones de la Patagonie. Cette situation impacte les économies régionales liées à la laine, à la viande et aux abattoirs, en plus d’affecter l’emploi dans de nombreux villages ruraux.
De plus, producteurs et techniciens avertissent que l’abandon des champs n’implique pas nécessairement une récupération automatique des écosystèmes. Au contraire, ils soutiennent que de nombreuses zones continuent de se dégrader même sans présence de bétail domestique.
Dans les régions de Santa Cruz, Chubut et San Julián, divers suivis ont détecté des problèmes associés au surpâturage des guanacos ou à l’excès de végétation sèche accumulée après des années sans gestion productive.

Guanacos, désertification et débat scientifique en Patagonie
L’un des principaux débats environnementaux tourne autour du rôle du guanaco dans les écosystèmes patagoniens. Alors que certains secteurs promeuvent sa protection stricte, d’autres spécialistes estiment nécessaire de mettre en œuvre des stratégies de gestion durable.
Selon différents chercheurs et producteurs, le pâturage continu de grandes populations de guanacos peut également engendrer une dégradation du sol et une perte de couverture végétale, notamment dans des environnements fragiles et avec une faible régénération naturelle.
De plus, ils soulignent qu’autrefois ces animaux maintenaient des déplacements constants conditionnés par la présence de prédateurs, les sources d’eau et les dynamiques climatiques. Cependant, les transformations environnementales et la réduction des menaces naturelles ont modifié ces schémas.
D’autre part, le changement climatique a altéré le fonctionnement écologique régional. La diminution des chutes de neige et l’augmentation des températures hivernales ont favorisé la croissance soutenue de certaines populations sauvages, augmentant la pression sur les pâturages.
Dans des lieux comme Estancia Santa Lucía, Estancia La Barrancosa et Estancia Media Luna, des spécialistes ont observé différents scénarios après des décennies sans activité d’élevage, y compris un surpâturage localisé, l’expansion de secteurs dégradés et une accumulation excessive de graminées sèches.
Les avantages de l’agriculture régénérative et de la gestion planifiée
Face à ce panorama, différentes organisations promeuvent des modèles d’élevage et d’agriculture régénérative orientés vers la récupération de la santé écologique des sols et l’amélioration de la durabilité productive.
L’agriculture régénérative propose des pratiques qui favorisent la biodiversité, augmentent l’infiltration de l’eau et réduisent l’érosion. De plus, elle promeut la récupération des micro-organismes du sol et renforce les cycles naturels des nutriments.
Un autre de ses avantages est la capacité de capturer le carbone atmosphérique et de le stocker dans les sols. Cette fonction prend de l’importance dans le contexte du changement climatique, car elle contribue à réduire les émissions et à améliorer la résilience des écosystèmes ruraux.
En Patagonie, des initiatives comme la gestion holistique et le pâturage planifié cherchent à recréer des cycles équilibrés entre consommation et repos des pâturages. De cette manière, on tente d’éviter à la fois le surpâturage et la détérioration causée par de longues périodes sans enlèvement végétal.

Production durable et restauration écologique comme défi régional
Divers secteurs s’accordent à dire que l’avenir patagonien dépendra de la recherche d’un équilibre entre conservation environnementale et développement économique. Dans ce contexte, la récupération des pâturages apparaît comme une priorité pour soutenir la biodiversité, l’emploi et l’ancrage rural.
De plus, les spécialistes proposent de progresser vers des systèmes d’exploitation durable du guanaco, en intégrant des chaînes productives liées aux fibres, aliments et services environnementaux sous des régulations écologiques.
Des expériences internationales, comme la gestion de la faune sauvage en Australie, sont observées comme des modèles de référence possibles. Cependant, les experts soulignent que toute stratégie nécessitera une coordination publique et privée, des investissements et des politiques à long terme.
Pendant ce temps, des producteurs de différentes régions patagoniennes continuent de mettre en œuvre des pratiques régénératives qui visent à restaurer les écosystèmes dégradés sans abandonner l’activité rurale, en combinant conservation de la nature et production durable.



