Nicaragua a consolidé au cours des cinq premiers mois de l’année une activité intense liée au commerce international de la faune sauvage élevée en captivité. L’exportation de près de 50 000 spécimens d’espèces exotiques a généré des revenus d’environ 6,2 millions de dollars et a de nouveau mis en discussion l’équilibre entre développement économique et conservation de la biodiversité.
Le processus a été supervisé par le Ministère de l’Environnement et des Ressources Naturelles (Marena), organisme chargé de réguler l’activité par le biais de permis prévus par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).
De plus, les autorités ont souligné que toutes les opérations ont été réalisées à travers des zoocriaderos autorisés, une modalité qui vise à réduire la pression sur les populations sauvages et à garantir la traçabilité des spécimens commercialisés.

Une large diversité d’espèces atteint les marchés internationaux
Entre janvier et mai, 146 permis CITES ont été délivrés pour exporter de la faune élevée sous systèmes contrôlés. En conséquence, 49 732 spécimens appartenant à diverses espèces ont été envoyés à l’étranger.
Parmi les animaux commercialisés figurent la grenouille aux yeux rouges, le gallego vert, la grenouille flèche, la petite grenouille de verre, le pichete vert, le col plat, le boa commun, la tortue des savanes et d’autres reptiles et amphibiens caractéristiques des écosystèmes tropicaux nicaraguayens.
D’autre part, les destinations d’exportation comprenaient la Thaïlande, la France, le Canada, Hong Kong (Chine), les États-Unis, le Mexique, le Japon et la Corée du Sud, où ces animaux sont principalement acquis pour le marché des animaux de compagnie exotiques et les collections spécialisées.
La biodiversité tropicale comme ressource stratégique
Le Nicaragua abrite plus de 12 400 espèces de faune enregistrées, une richesse biologique qui le positionne parmi les pays les plus biodiversifiés d’Amérique centrale. Ce patrimoine naturel représente un actif environnemental de grande valeur écologique et économique.
Actuellement, il existe neuf zoocriaderos enregistrés auprès du Ministère de l’Environnement, dont six participent activement aux activités d’exportation. Ces installations sont chargées de la reproduction contrôlée des espèces autorisées pour le commerce international.
De plus, les autorités soutiennent que l’activité permet de générer des emplois, de promouvoir des connaissances sur la gestion de la faune et de renforcer les mécanismes de suivi des espèces qui ont une demande sur les marchés étrangers.
Conservation et défis pour l’avenir
Bien que le commerce se développe sous des réglementations internationales, les spécialistes de la conservation rappellent que la supervision constante est essentielle pour éviter les impacts négatifs sur les écosystèmes.
L’identification correcte des spécimens, le contrôle sanitaire, la traçabilité génétique et la prévention du trafic illégal sont des aspects essentiels pour garantir que l’activité reste dans des paramètres durables.
En même temps, la protection des habitats naturels reste une priorité. La conservation des forêts tropicales, des zones humides et des corridors biologiques est indispensable pour maintenir des populations saines des espèces présentes dans le pays.

Les avantages et inconvénients de l’exportation de faune élevée dans des zoocriaderos
Parmi les avantages de ce modèle, on souligne la possibilité de satisfaire la demande internationale par le biais de spécimens nés en captivité, diminuant potentiellement la capture d’animaux sauvages. De plus, il génère des revenus économiques, des emplois spécialisés et des ressources qui peuvent être destinés à des programmes de conservation.
De même, les zoocriaderos autorisés facilitent le suivi sanitaire et reproductif des espèces, permettant de recueillir des informations utiles pour des recherches scientifiques et des plans de gestion environnementale.
Cependant, il existe également des défis. Diverses organisations avertissent qu’une surveillance insuffisante pourrait favoriser l’entrée de spécimens capturés illégalement dans les circuits commerciaux formels. De plus, le commerce des animaux de compagnie exotiques soulève des questions sur le bien-être animal, le transport et l’adaptation des espèces en dehors de leurs environnements naturels.
C’est pourquoi les experts s’accordent à dire que le succès de ces initiatives dépend de contrôles rigoureux, de la transparence institutionnelle et d’une gestion qui privilégie la conservation de la biodiversité par-dessus les intérêts économiques à court terme. Dans un pays avec une richesse biologique extraordinaire, le défi consiste à concilier l’exploitation durable avec la protection des écosystèmes qui rendent cette diversité possible.



