La Foire de San Juan de Badajoz en Espagne a suscité la controverse avec la création d’un balcon pour enfants destiné aux enfants de cinq à douze ans. La proposition, impulsée par l’entreprise Fusión Internacional por la Tauromaquia, vise à rapprocher la tauromachie des plus jeunes par le biais d’activités éducatives et récréatives pendant les corridas.
L’accès sera gratuit et les enfants pourront y assister sans être accompagnés par leurs parents, car ils seront sous la supervision de monitrices qualifiées. L’espace sera situé dans les gradins à l’ombre et offrira des explications adaptées sur la lidia, ainsi que des jeux et des activités entre chaque sortie de taureau.
Arguments des organisateurs
L’entreprise organisatrice défend que le balcon pour enfants a pour but de :
- Transmettre la tradition culturelle de la tauromachie aux nouvelles générations.
- Offrir un environnement sûr et pédagogique, avec du personnel spécialisé.
- Faciliter la participation des familles, qui peuvent profiter des festivités pendant que les enfants sont pris en charge.
Critiques des organisations animalistes et de défense de l’enfance
L’initiative a été remise en question par la Fondation Franz Weber, qui considère incompatible la promotion de la tauromachie avec les recommandations du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies. Parmi leurs objections figurent :
- La participation d’enfants dès l’âge de cinq ans sans la compagnie de leurs parents.
- La normalisation de la violence envers les animaux comme partie d’un spectacle culturel.
- Le soutien institutionnel de la mairie de Badajoz, de la députation provinciale et de la Junta de Extremadura, dont les logos figurent dans la promotion.

Recommandations internationales
Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU a réitéré en février 2026 ses observations à l’Espagne, mentionnant expressément la tauromachie dans la section sur la protection de l’enfance contre la violence. Parmi ses recommandations :
- Établir un âge minimum de 18 ans pour participer à des événements taurins et des écoles de tauromachie.
- Développer des campagnes de sensibilisation sur les effets de la violence sur les enfants et les adolescents.
- Élargir la responsabilité des communautés autonomes dans l’application des mesures de protection.
Ces observations renforcent les demandes déjà formulées en 2018 et remettent en question la pertinence d’initiatives comme le balcon pour enfants.
Débat culturel et social
Le cas reflète la tension entre ceux qui défendent la tauromachie comme partie du patrimoine culturel espagnol et ceux qui la considèrent comme une pratique incompatible avec les droits de l’enfance et le bien-être animal. La polémique s’intensifie car la Foire de San Juan est l’un des événements taurins les plus importants d’Estrémadure et bénéficie d’un soutien institutionnel.
Le balcon pour enfants de la Foire de San Juan de Badajoz est devenu un symbole du débat sur la tauromachie et l’enfance en Espagne.
Tandis que les organisateurs le présentent comme une opportunité pédagogique et culturelle, les organisations animalistes et de défense de l’enfance le voient comme une violation des principes internationaux.
L’issue de cette polémique dépendra de la capacité des institutions à équilibrer tradition, droits des mineurs et bien-être animal.



