Le Conseil de l’UE et le Parlement européen ont conclu un accord historique qui obligera les fabricants de voitures à incorporer progressivement du plastique recyclé.
La mesure vise à transformer l’industrie automobile vers une économie circulaire plus durable.
Le pacte, qui a été conclu la semaine dernière, révise les exigences de conception des véhicules et fixe des objectifs ambitieux.
Ainsi, dans les prochaines années, les nouvelles voitures devront inclure des matériaux de recyclage qui faciliteront leur réutilisation à la fin de leur vie utile.
Les objectifs progressifs de l’UE pour le plastique recyclé dans les voitures
L’accord établit des objectifs obligatoires clairs pour les prochaines années.
Conformément à cela, les fabricants devront respecter des pourcentages spécifiques de contenu recyclé dans les nouvelles voitures qu’ils produisent.
En particulier, les objectifs sont les suivants :
- 15 % de plastique recyclé en 6 ans
- 25 % de plastique recyclé en 10 ans
- Au moins 20 % provenant de circuit fermé (matériau récupéré des véhicules en fin de vie)
Le Conseil a précisé que cette mesure garantira que « les matériaux précieux restent dans l’économie circulaire de l’UE ».

Cette stratégie vise à retenir les ressources sur le territoire européen.
Il convient de noter qu’aujourd’hui, l’industrie automobile européenne consomme annuellement 7 millions de tonnes d’acier, 2 millions de tonnes d’aluminium et 6 % du cuivre total utilisé.
De plus, six millions de véhicules arrivent chaque année en fin de vie dans l’UE.
L’expansion vers d’autres matériaux
Dans le cadre de l’accord, la Commission européenne devra élaborer une étude complète dans un délai maximum d’un an.
Cette analyse jettera les bases pour de futurs objectifs de recyclage d’autres matériaux utilisés dans les voitures.
Les matériaux concernés incluent l’acier, l’aluminium, le magnésium et les matières premières critiques.
Le ministre de l’Environnement du Danemark, Magnus Heunicke, a déclaré que « le nouveau règlement stimulera l’innovation dans la conception durable« .
Les nouvelles normes élargissent leur portée au-delà des voitures particulières et des fourgonnettes.
Avec cet accord, les exigences de collecte, de décontamination et de retrait obligatoire s’étendront aux camions, motos et véhicules à usage spécial.
Le contrôle des véhicules disparus est renforcé
L’accord a renforcé la traçabilité et les contrôles des soi-disant « véhicules disparus ».
Chaque année, 3,5 millions de véhicules disparaissent sans laisser de trace sur les routes européennes.
Face à cela, l’UE a établi des normes plus claires sur la distinction entre un véhicule d’occasion et un véhicule en fin de vie.

Les critères déterminent de manière définitive quand un véhicule est considéré comme un déchet.
L’accord adopte une « approche basée sur le risque » pour les transferts entre particuliers.
C’est pourquoi il exige une documentation dans les situations où il est plus probable que les véhicules disparaissent, comme lorsque qu’une compagnie d’assurance déclare une perte totale.
La responsabilité élargie du producteur
La future réglementation a renforcé le principe qui rend les fabricants responsables de tout le cycle de vie.
Cette responsabilité inclut la promotion de la conception pour la circularité et garantit la collecte gratuite.
Le Conseil a indiqué que cette responsabilité s’applique « indépendamment de l’État membre dans lequel ils deviennent des déchets« .
Désormais, les producteurs devront garantir le traitement adéquat de tous les véhicules.
Cinq ans après l’entrée en vigueur, l’exportation de véhicules d’occasion qui ne sont plus aptes à la circulation sera interdite.
La mesure garantit que l’UE respecte son engagement de ne pas contribuer à la pollution dans les pays tiers.
Le règlement commencera à s’appliquer deux ans après son entrée en vigueur.



