Il y a plus d’une décennie, l’entreprise japonaise Shimizu Corporation a présenté une proposition futuriste : construire un anneau de panneaux solaires autour de l’équateur lunaire, appelé Luna Ring.
L’idée consiste à installer une ceinture de 6 800 miles de long capable de capturer le rayonnement solaire de manière continue, sans dépendre du climat ni de l’obscurité.
Contexte énergétique
Le projet a pris de l’importance après la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi en 2011, qui a poussé le Japon à rechercher des alternatives énergétiques plus sûres et durables.
Selon l’entreprise, les panneaux solaires sur Terre ne génèrent qu’un vingtième de l’énergie qu’ils pourraient produire dans l’espace, où il n’y a ni atmosphère, ni nuages, ni nuit.
Le président de l’entreprise, Tetsuji Yoshida, a affirmé que si toute cette énergie pouvait être envoyée sur Terre, il ne serait pas nécessaire de recourir au charbon, au pétrole ou à la biomasse.

Fonctionnement de l’anneau avec panneaux solaires
La proposition prévoit de capter l’énergie solaire à l’équateur lunaire, de la transformer en électricité et de la transporter jusqu’à la face visible de la Lune.
De là, elle serait convertie en rayons laser qui voyageraient jusqu’à la Terre, où elle serait reconvertie en électricité utilisable. De plus, le système pourrait produire de l’hydrogène comme carburant, progressant vers une société moins dépendante des fossiles.
La construction serait réalisée par des robots contrôlés depuis la Terre, avec un soutien ponctuel des astronautes.
Le principal défi est le coût économique élevé. Des experts comme Masanori Komori, de l’Institut de l’Économie Énergétique du Japon, soulignent que l’idée est attrayante en théorie, mais trop coûteuse en pratique. Bien qu’il n’existe pas d’estimation concrète du coût, Shimizu soutient que la technologie nécessaire est déjà disponible.
Énergies renouvelables au Japon
Le pays s’efforce de diversifier ses sources énergétiques pour garantir la sécurité énergétique, réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés et atteindre la neutralité carbone en 2050. Avec des objectifs pour que 36-38% de l’électricité provienne de renouvelables d’ici 2030, le Japon se positionne comme le troisième plus grand producteur d’énergie solaire au monde.
En plus de projets innovants comme le Luna Ring, le Japon promeut des solutions telles que des panneaux solaires flottants, l’énergie éolienne marine, l’énergie des vagues et les centrales osmotiques, cherchant à surmonter la limitation du sol et à améliorer l’intégration du réseau électrique.
Le projet Luna Ring reflète l’ambition technologique du Japon et sa recherche d’alternatives énergétiques radicales. Bien que sa viabilité économique soit incertaine, la proposition ouvre un débat sur la manière d’exploiter l’espace pour générer une énergie propre et constante, dans un monde qui doit accélérer la transition vers des sources renouvelables.



