Dans la fosse d’Izu-Ogasawara, à 5 500 mètres de profondeur, des scientifiques japonais ont identifié en 2024 un mollusque abyssal avec une adaptation extraordinaire : une radula recouverte de fer, c’est-à-dire une langue dentée minéralisée qui lui permet de racler la matière organique avec grande efficacité.
La découverte, révélée officiellement en 2026 dans la revue Biodiversity Data Journal, confirme la capacité de la vie à prospérer dans des conditions extrêmes de l’océan profond.
La nouvelle espèce a été baptisée Ferreiraella populi, et devient un exemple parfait de comment la biodiversité s’adapte à des habitats rares et éphémères, comme les restes de bois coulés sur le fond marin.
Caractéristiques principales
- Habitat abyssal : vit exclusivement dans les « wood-falls », des restes de bois qui atteignent le fond marin et génèrent des microécosystèmes spécialisés.
- Langue de fer : sa radula minéralisée augmente la résistance à l’usure, cruciale dans un environnement de haute pression et de rareté des ressources.
- Armure dorsale : comme d’autres chitons, il possède huit plaques articulées qui fonctionnent comme une armure flexible, lui permettant de s’adhérer à des surfaces irrégulières.
- Microécosystème associé : des vers se nourrissant de ses déchets ont été observés, formant un système écologique en miniature.

Importance scientifique de ce nouveau mollusque abyssal
Le genre Ferreiraella est extrêmement rare et spécialisé dans la colonisation du bois coulé. Ces habitats sont éphémères et peu étudiés, ce qui renforce la pertinence de la découverte. La description rapide de l’espèce — à peine deux ans après sa découverte — est significative, car de nombreux invertébrés marins disparaissent avant d’être catalogués.
La chercheuse Julia Sigwart, de l’Institut Senckenberg, a expliqué que l’épithète populi (“du peuple”) a été choisi par un vote public organisé par la Senckenberg Ocean Species Alliance (SOSA), auquel ont participé plus de 8 000 personnes. Ce processus symbolise la collaboration entre la science et la société.
Adaptations extrêmes
La minéralisation métallique de la radula est une adaptation singulière qui reflète la nécessité d’une efficacité structurelle dans les écosystèmes profonds. Dans un environnement où les ressources sont rares et la pression extrême, ces innovations biologiques permettent la survie d’espèces hautement spécialisées.
De plus, la découverte renforce l’importance d’étudier et de protéger la vie dans les profondeurs marines, notamment face aux menaces émergentes comme l’exploitation minière sous-marine, qui pourrait détruire des habitats uniques avant qu’ils ne soient compris.
La découverte de Ferreiraella populi non seulement élargit la connaissance sur la biodiversité abyssale, mais souligne également l’urgence de protéger ces écosystèmes fragiles. La langue de fer de ce mollusque est un rappel de la créativité évolutive. De comment la vie trouve des solutions surprenantes pour survivre dans les environnements les plus extrêmes de la planète.



