Des organisations écologistes demandent à la justice de stopper un projet minier sur un glacier

Les organisations Association des Avocats Environnementalistes, Greenpeace et Fondation Environnement et Ressources Naturelles, qui mènent l’action collective pour les glaciers, ont présenté à la Justice de nouvelles preuves dans l’affaire qui conteste la réforme de la Loi sur les Glaciers. Ils avertissent que le projet minier Vicuña, récemment approuvé pour entrer dans le Régime d’Incitation pour les Grandes Investissements (RIGI), progresse sur une zone actuellement protégée. La demande vise à éviter qu’un glacier inventorié perde sa protection pendant que la constitutionnalité de la réforme est discutée.

Les organisations ont demandé une mesure conservatoire urgente pour empêcher tout changement dans la situation juridique du Glacier de Débris GE110, situé dans le département d’Iglesia, province de San Juan, en particulier que la province et l’IANIGLA s’abstiennent de retirer ce glacier de l’Inventaire National des Glaciers pendant que l’affaire judiciaire progresse.

Le 16 juin dernier, le gouvernement national a annoncé l’approbation de l’entrée du projet Vicuña au RIGI. Ce projet de cuivre, or et argent à San Juan, promu par les corporations BHP et Lundin, entreprises d’origine australienne et canadienne, regroupe les développements Josemaría et Filo del Sol et est situé dans le bassin du fleuve Jáchal, partie du système Desaguadero. Cela rend particulièrement grave toute réduction de la protection des glaciers et des environnements périglaciaires, car ces réserves stratégiques d’eau font partie de territoires qui font déjà face aujourd’hui à une pression hydrique croissante.

Dans la zone où se trouve le Glacier de Débris GE110 sont projetées les opérations du projet minier. Selon la présentation judiciaire, un puits à ciel ouvert d’environ 259 hectares y est prévu. En février, avant la réforme de la loi, Greenpeace a documenté, par un survol, le glacier de débris G110. Les images montraient des interventions visibles de la minière dans des zones couvertes par la loi originale sur les glaciers. Modifier la norme a été le premier pas pour légaliser les activités qui étaient menées en violation claire.

L’existence de cette géoforme a été signalée par l’Assemblée de Jáchal à l’IANIGLA en 2021. Après cette présentation, l’institut a reconnu que la zone devait être incorporée à l’Inventaire National des Glaciers. La Résolution 514/2022 du Ministère de l’Environnement de la Nation de l’époque a ordonné de remplacer les rapports correspondants au sous-bassin du fleuve Blanco Supérieur du bassin du fleuve Jáchal et d’incorporer le Glacier GE110 à l’Inventaire.

Les organisations ont averti que l’approbation du projet sous le RIGI augmente l’urgence de la mesure conservatoire demandée en mai. Si le Glacier GE110 était retiré de l’Inventaire National des Glaciers et que le projet avançait sous l’égide du RIGI, un jugement ultérieur pourrait arriver lorsque le dommage serait déjà fait. L’État National, la Province de San Juan et les organismes intervenants ne doivent pas altérer la protection de ce glacier tant qu’il n’y a pas de jugement définitif.

Ce nouvel écrit est présenté dans le cadre de l’action collective menée par les organisations avec plus de 850 000 personnes qui ont adhéré à titre personnel, Marta Maffei, auteur de la Loi originale sur les Glaciers, et des assemblées et organisations de tout le pays, parmi lesquelles l’Assemblée Jáchal ne se Touche Pas, l’Assemblée Populaire pour l’Eau, l’Assemblée Pucará, l’Assemblée pour la Défense du Territoire, l’Assemblée Santa Cruz pour l’Eau, la Multisectorielle Golfe San Matías, l’Assemblée le Paraná ne se Touche Pas, l’Association Alihuén, Amnesty International, le Centre d’Études Légales et Sociales (CELS) et le Cercle des Politiques Environnementales.

Le cas démontre le danger de la réforme de la Loi sur les Glaciers. La nouvelle réglementation ouvre la porte à réduire les protections sur des zones qui remplissent aujourd’hui une fonction hydrique essentielle. Les glaciers et environnements périglaciaires intègrent des bassins, régulent l’eau et soutiennent les conditions de vie en aval, ignorant les frontières législatives. C’est pourquoi leur protection a été définie comme une politique nationale de budgets minimaux.

L’avancée d’un projet minier sur le Glacier GE110 est un signal d’alarme pour tout le pays. Si un glacier inventorié peut être exposé par une réforme légale et par l’approbation accélérée d’un mégaprojet sous le RIGI, alors la Loi sur les Glaciers perd sa fonction préventive. La Justice doit agir avant que le dommage ne se produise. En matière d’eau, de glaciers et de territoires, arriver tard équivaut à valider la perte.

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