Après la disparition de la yaguareté Acaí dans El Impenetrable, Chaco, l’Administration des Parcs Nationaux (APN) offre désormais une récompense de 250 millions de dollars à ceux qui fournissent des informations sur l’affaire.
L’annonce a été faite ce samedi, lors de la Journée Internationale du Yaguareté, après plus d’un mois sans nouvelles de la femelle yaguareté.
Acaí avait été libérée le 5 octobre dans le cadre du programme de réintroduction coordonné par la Fondation Rewilding Argentina, en collaboration avec les Parcs Nationaux et le gouvernement du Chaco.
Cependant, à peine 20 jours plus tard, le 25 octobre, la trace de l’animal a été perdue lorsque son collier localisateur a cessé d’émettre des signaux.

L’APN a lancé une récompense pour des informations sur la yaguareté Acaí
Ce samedi, la Journée Internationale du Yaguareté Parcs Nationaux a rendu publique la récompense de 250 millions de dollars pour des informations sur Acaí.
En particulier, cet argent sera attribué à toute personne « pouvant fournir des informations permettant d’identifier les responsables de sa disparition », a détaillé l’APN sur ses réseaux sociaux.
« Chaque année, nous célébrons ce jour en nous rappelant et en honorant le grand travail réalisé pour la conservation et le soin du yaguareté ; mais cette année est différente », a ajouté l’organisme.
De cette manière, on cherche à briser le silence des habitants de la région après que le collier satellitaire d’Acaí ait cessé d’émettre des signaux il y a plus d’un mois dans le Río Bermejo.
Actuellement, diverses recherches dans le cours d’eau n’ont pas réussi à retrouver le collier d’Acaí, ce qui complique encore plus sa recherche.
Pour l’instant, bien qu’une enquête judiciaire ait été ouverte sur la disparition de la yaguareté Acaí, il n’y a pas de témoignages de poids dans l’affaire, ce que cette récompense millionnaire cherche à inverser.
« Cette situation nous pousse à redoubler d’efforts pour que le yaguareté puisse à nouveau habiter librement et en sécurité dans les Parcs Nationaux et leurs environs », ont souligné les responsables de l’institution.
Peu d’informations et des versions contradictoires sur le destin d’Acaí
Il y a quelques jours, le procureur fédéral de Sáenz Peña en charge de l’affaire, Carlos Amad, a donné des détails sur l’enquête.
« Nous voulons savoir s’il y a des informations utiles qui nous permettent de reconstituer ce qui s’est passé », a-t-il expliqué lors d’un entretien avec Radio Libertad.
Le procureur a précisé que, malgré les spéculations sur les braconniers, il n’y a pas encore d’éléments concrets.
« Je n’ai pas d’éléments certains aujourd’hui qui me fassent penser que Acaí est morte, ni qu’un groupe de braconniers a agi. Je ne rejette rien, mais je ne peux pas l’affirmer », a-t-il déclaré.
Cependant, la vision des spécialistes de Rewilding Argentina, qui ont élevé Acaí avant de la libérer, est beaucoup plus pessimiste.
Les experts qui l’ont soignée en « liberté contrôlée » dans le Parc National Iberá avant son transfert au Chaco sont sceptiques quant à sa survie.
Ils sont convaincus que quelqu’un a tué la yaguareté âgée de seulement deux ans.
Si cela se confirme, le fait constituerait un délit prévu par le Code Pénal avec des peines allant jusqu’à cinq ans de prison, étant donné que le yaguareté est un Monument Naturel National.
Pour sa part, le procureur a évalué le dommage environnemental que représente la perte de cet exemplaire à 2 700 millions de dollars.
Ce chiffre reflète la valeur d’Acaí en tant que Monument Naturel National et Provincial, en plus du coût du processus d’élevage et de réintroduction.

La recherche exhaustive d’Acaí, sans résultats
Les opérations de recherche déployées jusqu’à présent incluent divers ressources et stratégies :
- Patrouilles terrestres dans des zones difficiles d’accès
- Recherches fluviales dans les zones proches du río Bermejo
- Analyse de géolocalisation du dernier point de contact
- Saisie et analyse de dispositifs mobiles par la Division Cybercriminalité
Malgré le déploiement, ni le collier satellitaire, ni l’animal n’ont encore été retrouvés.
Les conditions du terrain, avec une basse densité de population et des zones de forêt dense compliquent les efforts de recherche d’Acaí.
Initialement, les Parcs Nationaux ont informé que le dispositif avait été retrouvé dans le río Bermejo, mais le procureur Amad a démenti cette information, compliquant encore plus la situation.
Dans ce contexte, la récompense pour des informations sur la yaguareté Acaí cherche à encourager la collaboration citoyenne et à prévenir de futurs incidents similaires.
Pour cela, les communautés locales ont été invitées à diffuser la recherche et à fournir toute information pouvant être pertinente.
La communauté scientifique et les organisations de conservation espèrent que le cas servira de précédent pour améliorer la sécurité des espèces menacées en Argentine.



