Les scientifiques de l’Unité Académique d’Études Territoriales (UAET) Oaxaca, de l’Institut de Géographie de l’UNAM, ont découvert des communautés bactériennes avec des capacités exceptionnelles pour améliorer l’agriculture durable à partir de la fertilité du sol, en plus de promouvoir la restauration écologique.
La découverte a été réalisée dans le Géoparc Mondial de l’UNESCO Mixteca Alta, un territoire où les systèmes agricoles traditionnels ont été gérés par des communautés locales pendant plus de 3 400 ans.
Micro-organismes qui régénèrent le sol
Ces populations de bactéries, caractérisées par un séquençage génétique avancé, se distinguent par leur capacité à :
- Supprimer les pathogènes de manière naturelle.
- Améliorer le cycle des nutriments comme le carbone et l’azote.
- Générer de la matière organique stable, qui renforce la structure physique du sol.
- Favoriser la croissance végétale et la résilience des écosystèmes agricoles.
Parmi les groupes dominants identifiés se trouvent Proteobacteria, Actinobacteria, Acidobacteria et Chloroflexi, ainsi que des familles spécifiques comme Solibacteraceae et Sphingomonadaceae.
Biofertilisants locaux et moins d’agrochimiques
La découverte ouvre la voie à la création de biofertilisants et de biostimulants locaux, adaptés aux conditions de la région. Cela représente une alternative concrète pour réduire la dépendance aux agrochimiques industriels, dont les coûts sont souvent libellés en dollars et soumis à la volatilité des marchés internationaux.
L’application pratique de cet « armée bactérienne » permettra :
- Récupérer les sols dégradés.
- Améliorer la productivité agricole.
- Réduire les impacts environnementaux associés à l’utilisation intensive de produits chimiques.

Science et tradition en synergie
L’étude souligne comment la gestion ancestrale des lamas-bordures, terrasses et vallées a créé des environnements idéaux pour ces communautés bactériennes. L’intégration de la science génomique moderne avec les savoirs traditionnels fait de la Mixteca Alta un modèle mondial de durabilité.
Cette approche démontre que la récupération des sols ne dépend pas uniquement de la technologie, mais aussi de la sagesse accumulée par les communautés locales, qui ont su maintenir des pratiques agricoles résilientes pendant des millénaires.
Impact national et mondial
La pertinence de la découverte réside dans son potentiel à transformer l’agriculture mexicaine :
- Renforce la souveraineté alimentaire, en réduisant la dépendance aux intrants externes.
- Offre des solutions régénératives face à la dégradation des sols, qui affecte une grande partie de la surface cultivable du pays.
- Contribue à la durabilité mondiale, en positionnant le Mexique comme une référence dans l’intégration de la science et de la tradition pour relever les défis du changement climatique et de la sécurité alimentaire.
Le modèle de la Mixteca Alta confirme que la combinaison de génomique avancée et de connaissances ancestrales est la voie la plus efficace vers une agriculture durable. Cet « armée de bactéries » ne protège pas seulement les sols et améliore la productivité, mais symbolise également une stratégie régénérative avec un impact environnemental, social et économique.



