Loin des circuits de masse, Misiones abrite des territoires où la nature s’exprime sans artifices. La réserve Margay est l’un de ces espaces, située au pied de la biosphère Yabotí, dans un environnement de jungle continue. Là, le paysage est marqué par des ruisseaux, de petites cascades, une faune sauvage et une biodiversité exceptionnelle.
Avec 65 hectares de gestion privée, Margay fait partie de la zone tampon de Yabotí. Ce corridor protège l’un des derniers grands vestiges de la forêt atlantique de la planète. L’être humain y joue un rôle secondaire, en tant que visiteur et apprenant de l’écosystème.
L’objectif principal est clair : conserver, régénérer et éduquer. Chaque action touristique, productive ou éducative vise à minimiser les impacts et à renforcer l’environnement. Le lieu propose une expérience où le repos cohabite avec la conscience écologique.

Conservation, régénération et communauté
La réserve travaille activement à la protection des espèces en danger critique. Parmi elles se trouve le palo amargo et la faune native menacée par la chasse et la perte d’habitat. Le suivi par caméras pièges permet de suivre les populations clés et de prévenir les pressions humaines.
Un autre pilier est l’agroforesterie, basée sur des systèmes syntropiques. Cette forme de production intègre cultures et espèces natives pour restaurer les sols et la biodiversité. Ainsi, des aliments sont produits tout en récupérant des services écosystémiques essentiels.
Le projet encourage également les économies restauratrices et le renforcement culturel local. Le lien avec les communautés proches et la sauvegarde des savoirs régionaux sont promus. La conservation est comprise comme un processus social, en plus d’être environnemental.
Tourisme conscient entre jungle et eau
Margay propose un lodge avec des cabanes intégrées à l’environnement naturel. Les constructions se situent le long du ruisseau Paraíso, entourées de végétation native. L’expérience privilégie le silence, les sons de la forêt et la faible intervention.
La gastronomie suit une approche régénérative et locale. Produits frais, biologiques et d’identité missionnaire font partie de chaque repas. L’acte de se nourrir devient également une pratique de soin environnemental.
Le tourisme éducatif est l’une des clés du projet. Chaque visite cherche à générer une réflexion sur la fragilité du nord-est argentin. Connaître le territoire est la première étape pour le protéger.
Sentiers, kayak et éducation environnementale
Les sentiers permettent de parcourir la jungle de manière autoguidée ou avec un accompagnement professionnel. Chaque promenade se transforme en une classe ouverte de biologie et de géographie. Plantes, oiseaux, mammifères et insectes révèlent la complexité de l’écosystème.
Le ruisseau Paraíso invite à naviguer en kayak. Depuis l’eau, on observe des espèces et des paysages liés à la biosphère Yabotí. L’activité se réalise avec un faible impact et un respect pour la faune.
La nuit, le feu de camp ouvre un espace d’échange culturel. Récits guaranis, cuisine simple et contemplation de l’environnement renforcent le lien avec la terre. L’expérience intègre nature, culture et apprentissage.

Restaurer pour l’avenir
Au sein de la réserve fonctionne la pépinière Kawsay, un véritable laboratoire de régénération. On y produit entre 100 000 et 200 000 plants natifs par an. Le matériel est destiné à la restauration écologique et à l’arborisation urbaine.
Des projets de réintroduction de faune menacée sont également développés. Des programmes comme Refundar travaillent avec des espèces affectées par la chasse historique. La restauration est abordée de manière intégrale, du sol à la faune.
Une autre initiative invite à restaurer des mètres carrés de jungle dégradée. L’objectif est d’inverser les impacts des incendies, défrichements et monocultures. Chaque contribution s’ajoute à la récupération de la forêt native.
Comment se rendre à la réserve Margay
La réserve se trouve à environ 40 kilomètres d’El Soberbio. De là, on y accède par des chemins ruraux proches de la biosphère Yabotí. El Soberbio est également la base pour visiter les Saltos del Moconá.
Depuis Puerto Iguazú, le trajet est d’environ 290 kilomètres. Il est recommandé de voyager en véhicule personnel ou avec un transport local spécialisé. Il est important de consulter l’état des routes avant d’entrer.
La meilleure période pour visiter est entre février et mars. Un séjour de deux ou trois jours est conseillé pour profiter de l’environnement. Il est essentiel d’apporter des vêtements confortables, des chaussures de trekking et des éléments de protection personnelle.



