L’éruption soudaine du volcan Hayli Gubbi, en Éthiopie, a contraint ce mardi à annuler plus d’une dizaine de vols en Inde. Les compagnies aériennes touchées incluent Air India, qui a suspendu des routes internationales et domestiques en raison de l’avancée du nuage de cendres.
Les aéronefs qui ont survolé des zones proches du panache volcanique sont soumis à des contrôles préventifs. Air India a informé que ses équipes au sol assistent les passagers pendant que les trajets sont reprogrammés.
Akasa, une autre compagnie aérienne du pays, a également suspendu des vols vers des destinations du Moyen-Orient. La recommandation officielle est de vérifier les routes et le carburant jusqu’à ce que les conditions atmosphériques se stabilisent.
IndiGo, la plus grande compagnie aérienne d’Inde, surveille l’évolution du nuage en temps réel. La Direction Générale de l’Aviation Civile a émis des instructions pour adapter les plans de vol. L’objectif est d’éviter les zones où les cendres peuvent affecter les moteurs, les capteurs et la visibilité.

Une éruption inattendue qui a parcouru des milliers de kilomètres
Le Hayli Gubbi a érupté dimanche pour la première fois en plus de 10 000 ans. La colonne de cendres a atteint environ 14 kilomètres de hauteur avant de commencer à se déplacer vers l’est et le nord-ouest. Sa trajectoire a traversé la péninsule Arabique et est arrivée au Pakistan, au nord de l’Inde et dans les secteurs occidentaux de la Chine.
Bien que l’activité éruptive ait cessé, les cendres continuent de voyager poussées par les courants d’altitude. Dans des pays comme le Yémen et Oman, des chutes de matériau fin et une augmentation des particules en suspension ont été enregistrées. Les autorités sanitaires ont émis des alertes pour des risques respiratoires et une affectation des eaux de surface.
Le suivi satellitaire permet d’observer le mouvement du panache avec précision. Ce type de surveillance est crucial dans les régions à faible densité de population, comme l’est de l’Éthiopie. Les cendres volcaniques peuvent rester dans l’atmosphère pendant des jours, en fonction de l’humidité et de la vitesse du vent.
Une zone d’intense activité géologique qui attire à nouveau l’attention
Le Hayli Gubbi est situé dans le Rift d’Afar, une région où la croûte terrestre se sépare. Ce processus génère une activité volcanique et géothermique constante, avec plusieurs cônes actifs et des lacs de lave. Le volcan Erta Ale, proche du Hayli Gubbi, est l’un des plus célèbres pour son activité permanente.
Jusqu’à présent, le Hayli Gubbi était considéré comme un volcan endormi. Il n’existait pas de registres d’éruptions depuis l’Holocène, il y a plus de 11 700 ans. Sa réactivation a pris par surprise la communauté scientifique, bien qu’elle n’ait pas causé de dommages en surface.
L’absence de population proche a réduit le risque d’urgences locales. Cependant, la dimension du panache a mis en évidence la vulnérabilité du transport aérien mondial. Des événements éruptifs de ce type rappellent que les systèmes naturels peuvent modifier les routes aériennes et les dynamiques régionales en quelques heures.

Causes pouvant réactiver un volcan : quand la terre se réveille à nouveau
La réactivation d’un volcan endormi peut répondre à plusieurs processus naturels. L’un des principaux est la montée d’un nouveau magma depuis le manteau vers des chambres profondes. Ce mouvement génère des pressions internes capables de fracturer les roches et d’ouvrir des conduits vers la surface.
Une autre cause fréquente est l’injection de gaz volcaniques, qui augmente la chaleur et modifie la composition du magma. Ces gaz peuvent générer un bouillonnement interne et élever la pression jusqu’à provoquer une éruption. Les changements dans la chimie du magma influencent également sa fluidité et son explosivité.
Les mouvements tectoniques sont un autre facteur clé. Dans des régions comme le Rift d’Afar, où les plaques se séparent, des fissures se créent facilitant la montée du magma. L’activité sismique préalable est souvent un signe précoce de ces processus.
Même des variations externes, comme l’entrée d’eau souterraine dans des zones chaudes, peuvent déclencher des explosions. Le contact abrupt entre le magma et l’eau génère de la vapeur instantanée, augmentant la pression. Ce mécanisme est courant dans les volcans avec des fissures profondes ou des systèmes hydrothermaux actifs.
Un rappel global sur l’interaction entre climat, atmosphère et activité volcanique
L’éruption du Hayli Gubbi rouvre le débat sur la relation entre le climat et les volcans. Les nuages de cendres peuvent altérer la radiation solaire et générer des baisses temporaires de température. De plus, ils apportent des particules qui influencent la qualité de l’air à des milliers de kilomètres du foyer éruptif.
Pour l’aviation, ces événements représentent des risques croissants. Les moteurs peuvent tomber en panne en ingérant des cendres et les capteurs sont endommagés par des particules abrasives. C’est pourquoi les routes sont modifiées même lorsque l’éruption est terminée.
La situation actuelle renforce l’importance du suivi satellitaire et de la coopération internationale. Les volcans éloignés n’impactent pas toujours les communautés qui les entourent, mais affectent le système global. Et chaque éruption est un rappel du dynamisme profond qui soutient la planète.



