La chasse d’un jaguar à Formosa a conduit à une condamnation exemplaire de réparation environnementale par la Justice.
En effet, les trois chasseurs, qui purgent actuellement une peine de prison effective, devront désormais également payer 5 millions de pesos chacun.
La Justice a défini cette exigence pour que les chasseurs du jaguar puissent accéder à tout bénéfice de liberté.
La décision a été prise par la Chambre fédérale d’appel de Resistencia, Chaco, qui a rejeté le recours en plainte présenté par la défense des condamnés.
Il s’agit de Viterman Ponce de León, Walter Hugo Ponce de León et Claudio Hugo Cisneros, condamnés par la Justice le 15 août 2025 pour la chasse d’un jaguar.
Les trois hommes purgent aujourd’hui leur peine en prison pour infraction à la Loi 22.421 de Conservation de la Faune, après avoir tué illégalement un spécimen de jaguar dans la province de Formosa.

La justice a fixé des conditions claires pour la chasse du jaguar à Formosa
Le juge fédéral de première instance de Resistencia a établi que, pour traiter toute demande de liberté conditionnelle, les condamnés doivent d’abord remplir deux obligations environnementales :
- Paiement individuel de cinq millions de pesos dans un délai de 90 jours, destiné exclusivement au Programme de Conservation du Jaguar du Ministère de la Production et de l’Environnement de Formosa.
- Formation obligatoire sur la protection et la coexistence avec l’espèce Panthera onca et d’autres espèces protégées.
La Chambre fédérale a ratifié cette décision en rejetant le recours introduit par la défense. Celle-ci soutenait que conditionner la liberté ambulatoire au paiement d’une obligation économique portait atteinte aux droits de ses représentants.

Ce qu’a dit la Chambre fédérale
Les juges Rocío Alcalá et Enrique Bosch ont soutenu que la résolution contestée « se limitait à ordonner une mesure de stimulation et de constatation préalable ». Celle-ci est considérée comme nécessaire pour orienter le traitement de la demande.
De plus, ils ont souligné que « il ne se configure pas à ce stade un préjudice irréparable » qui permettrait l’appel. Avec cet argument, la Chambre a fermé la possibilité d’avancer dans la demande de liberté sans remplir les conditions environnementales.
La chasse du jaguar et la justice sont ainsi entrelacées dans un jugement qui privilégie la réparation du dommage écologique sur les avantages procéduraux.
De cette manière, si les condamnés ne paient pas et ne complètent pas la formation, ils resteront privés de leur liberté selon les termes établis dans le jugement original.
L’affaire revêt une importance particulière à Formosa, où le jaguar est en danger critique d’extinction. Selon le journal El Comercial de Formosa, la préservation de l’espèce est devenue une priorité environnementale pour la province.
Le jugement marque un précédent en matière de justice environnementale : la réparation du dommage écologique n’est pas optionnelle, mais une condition incontournable pour recouvrer la liberté.



