Le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, a annoncé le 22 mars 2026 l’extension de 70 % de deux zones protégées dans le Pantanal, la plus grande zone humide de la planète. L’annonce a été faite lors de l’inauguration de la COP15 sur les espèces migratrices à Campo Grande, considérée comme la porte d’entrée du Pantanal.
La mesure ajoute 104 200 hectares supplémentaires au Parc National du Pantanal Matogrossense et à la Station Écologique de Taiamã, portant la surface protégée de 4,7 % à 5,4 % de la zone humide.
Objectifs de l’extension
Le Ministère de l’Environnement a souligné que la décision vise à :
- Renforcer la résilience de l’écosystème face au changement climatique.
- Protéger les espèces menacées, telles que le jaguar, le tapir et le fourmilier.
- Préserver les frayères, essentielles pour la biodiversité aquatique.
- Lutter contre les incendies, principale menace du Pantanal, en augmentant les brigades de pompiers.
Le Pantanal : patrimoine naturel
Le Pantanal, reconnu par l’UNESCO comme Patrimoine Naturel de l’Humanité, s’étend sur le Brésil, le Paraguay et la Bolivie. C’est l’un des écosystèmes les plus riches de la planète, abritant des centaines d’espèces animales et végétales, et vital pour la régulation climatique et l’approvisionnement en eau.

Politiques environnementales de Lula
L’extension s’inscrit dans la politique environnementale du gouvernement de Lula (2023-présent), qui vise à positionner le Brésil comme un leader climatique :
- Zéro déforestation d’ici 2030 : objectif central pour réduire les émissions de gaz à effet de serre entre 59 % et 67 %.
- Reconstruction institutionnelle : renforcement d’organismes comme l’IBAMA pour lutter contre la chasse illégale et la destruction de l’Amazonie.
- Lutte contre le crime environnemental : création d’un Centre de Coopération Policière en Amazonie.
- Financement international : initiatives comme le Fonds des Forêts Tropicales pour Toujours pour capter des ressources mondiales.
- Bioéconomie : promotion d’un modèle de développement qui valorise la forêt sur pied et bénéficie aux communautés locales.
Contradictions et défis
Malgré les progrès, le gouvernement est confronté au défi d’équilibrer la protection environnementale avec des projets de développement, tels que l’exploitation des hydrocarbures et la pression du secteur agro-minier. Cette tension reflète la difficulté de concilier l’agenda vert avec les demandes économiques d’un pays fortement dépendant de l’exportation de ressources naturelles.
L’extension des zones protégées dans le Pantanal représente une étape significative pour la conservation de la biodiversité et la mitigation du changement climatique. En même temps, elle réaffirme l’engagement du Brésil envers la protection de ses écosystèmes et l’agenda environnemental international. Cependant, le défi sera de maintenir ces politiques face aux pressions économiques et de garantir que la protection du Pantanal se traduise par des bénéfices durables pour les communautés locales et pour la planète.



