Une équipe internationale de l’Université de Newcastle a démontré que l’évolution assistée peut éviter l’extinction des récifs coralliens face aux vagues de chaleur marines.
L’étude, publiée le 17 avril dans Current Biology, conclut que pour obtenir des résultats efficaces, les biologistes doivent être drastiques : ne reproduire que 1 à 5 % des coraux ayant la plus grande tolérance thermique sur plusieurs générations.
Les docteurs Adriana Humanes et Liam Lachs ont suivi pendant huit ans le pedigree d’une population de coraux, cartographiant comment des traits tels que la croissance et la survie sont hérités. Ils ont découvert que la sélection génétique doit se concentrer directement sur le corail hôte, en ignorant ses algues symbiotiques.
Résultats clés
- Plus grande tolérance thermique : augmenter la résistance à la chaleur ne sacrifie ni la croissance ni la reproduction.
- Vitesse d’adaptation naturelle insuffisante : depuis les années 1980, la tolérance thermique des coraux n’a augmenté que de 0,1 °C par décennie, tandis que l’océan se réchauffe à une vitesse deux fois plus rapide.
- Sélection forte et soutenue : c’est la seule voie pour réaliser des avancées significatives dans la persistance des coraux.
Priorités de recherche
Une analyse parallèle publiée dans Nature Reviews Biodiversity a réuni 28 experts qui ont averti que le rythme actuel de la recherche est insuffisant. Parmi les neuf priorités signalées, on trouve :
- Installer des centres de recherche de terrain à grande échelle.
- Assurer des cycles de financement de 3 à 7 ans, le temps biologique nécessaire à un corail pour se reproduire.
- Protéger physiquement les coraux de laboratoire, en les déplaçant vers des eaux plus profondes lors de vagues de chaleur extrêmes.
Évolution assistée et atténuation
L’évolution assistée accélère l’adaptation génétique par la reproduction sélective. Une étude antérieure de 2024 dans Nature Communications a prouvé que les coraux sélectionnés supportent jusqu’à 1 °C supplémentaire par semaine de stress thermique. Cependant, les chercheurs soulignent que cette technique ne remplace pas la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, la principale cause du réchauffement océanique.

Importance écologique des récifs
Les récifs coralliens sont des écosystèmes vitaux :
- Biodiversité : ils abritent 25 % de la vie marine bien qu’ils couvrent moins de 1 % de l’océan.
- Habitat essentiel : zones de reproduction et d’alimentation pour d’innombrables espèces.
- Protection côtière : ils réduisent jusqu’à 97 % l’énergie des vagues, agissant comme des barrières naturelles contre les tempêtes.
- Production de sable : des poissons comme le poisson-perroquet génèrent le sable blanc caractéristique des plages caribéennes.
Importance socio-économique
- Sécurité alimentaire et emploi : plus de 500 millions de personnes dépendent des récifs pour leur subsistance grâce à la pêche et au tourisme.
- Valeur économique : on estime qu’ils génèrent des bénéfices nets annuels supérieurs à 29,8 milliards de dollars.
- Tourisme et loisirs : ils sont une source clé de revenus par l’écotourisme.
- Médecine : ils inspirent des recherches biomédicales grâce à leurs composés naturels.
L’évolution assistée offre un outil puissant pour augmenter la résistance thermique des coraux et éviter leur effondrement. Cependant, son succès dépend d’une sélection génétique rigoureuse, d’un financement soutenu et d’actions parallèles pour réduire les émissions mondiales.
Les récifs, essentiels pour la biodiversité et l’humanité, nécessitent une réponse urgente et coordonnée pour survivre dans un monde qui se réchauffe rapidement.



