Un système robotique de recyclage développé en Suisse vise à transformer la gestion des déchets des batteries de voitures électriques. En automatisant leur démontage et leur classification, il facilite leur réutilisation dans de nouveaux environnements.
Cette innovation, fruit de quatre années de travail d’un consortium dirigé par la Haute école spécialisée bernoise, représente une avancée clé vers l’économie circulaire dans la mobilité électrique.
Le projet CircuBAT : collaboration internationale
Le projet, dénommé CircuBAT, a réuni sept institutions de recherche et 24 entreprises pour relever l’un des plus grands défis de la transition énergétique : le recyclage efficace et sûr des batteries au lithium-ion utilisées dans les véhicules électriques.
Le système robotique, installé au Swiss Battery Technology Center (SBTC) à Bienne, automatise le processus de démontage et de classification, qui jusqu’à présent nécessitait beaucoup de main-d’œuvre et présentait des risques pour la sécurité. Grâce à la précision de la robotique, le système sépare les modules des batteries et récupère des matériaux précieux avec une intervention humaine minimale.
Avantages de l’automatisation
L’automatisation réduit les risques professionnels, augmente l’efficacité et améliore la qualité des matériaux récupérés. Selon les chercheurs, la quantité de déchets de batteries de voitures électriques pourrait passer de 500 000 tonnes en 2019 à huit millions de tonnes en 2040, ce qui souligne l’urgence de solutions évolutives et durables.
Le nouveau système permet de récupérer des matières premières de haute qualité, diminuant ainsi la nécessité d’extraire de nouvelles ressources et contribuant à la réduction des déchets dangereux.

Seconde vie pour les batteries
L’un des aspects les plus remarquables du projet est la possibilité de donner une seconde vie aux batteries retirées des véhicules électriques. Le consortium suisse a développé un Système Expert de Batteries capable d’analyser le vieillissement de milliers de cellules, identifiant celles qui peuvent être réparées ou réutilisées.
De cette manière, de nombreuses batteries qui ne sont plus adaptées à l’automobile peuvent devenir des systèmes de stockage d’énergie stationnaires, utiles comme secours pour les bâtiments ou pour les réseaux d’énergies renouvelables.
Innovations techniques supplémentaires
En plus de l’automatisation et de la réutilisation, le projet CircuBAT a introduit des améliorations techniques telles que :
- Nouveaux revêtements d’électrodes, qui réduisent la consommation énergétique et les coûts de production.
- Intégration de matériaux secondaires dans la fabrication de nouvelles batteries.
- Un modèle suisse d’économie circulaire pour les batteries au lithium, qui permettra d’estimer les volumes futurs disponibles pour le marché de la seconde vie.
Ces innovations renforcent le modèle d’économie circulaire et diminuent la dépendance aux matières premières nouvellement extraites.
Présentation à CircuBAT2025
Les résultats du projet ont été présentés lors de la conférence CircuBAT2025, les 13 et 14 novembre au BERNEXPO Foyer. L’événement réunit des experts de la science, de la politique et de la société pour débattre de l’impact de ces solutions sur la transition énergétique et la mobilité durable.
Avec la mise en œuvre de systèmes comme celui développé en Suisse, l’industrie se rapproche d’un cycle fermé des batteries, où des stations de recyclage distribuées mondialement pourraient garantir la réutilisation efficace de composants clés pour la mobilité électrique du futur.
Le projet CircuBAT démontre que l’innovation technologique et la collaboration internationale sont essentielles pour relever les défis de la transition énergétique, assurant un avenir plus durable et résilient.



