La Corte Constitutionnelle de Colombie a déclaré exequible l’article 54 de la Loi 2277 de 2022, qui établit la taxe sur les boissons ultra-transformées et sucrées.
Avec un vote unanime de 7-0, la Salle Plénière a approuvé la norme, prévue dans la première réforme fiscale du gouvernement de Gustavo Petro, et a rejeté une demande qui alléguait un traitement inéquitable envers les consommateurs de boissons d’origine végétale.
La norme et sa portée
La taxe s’applique à toute boisson qui :
- N’a pas un degré d’alcool supérieur à 0,5 %.
- Contient n’importe quelle quantité de sucre ajouté.
Parmi les produits taxés, on trouve :
- Sodas et boissons gazeuses.
- Boissons à base de malt.
- Lait d’amande et autres alternatives végétales.
- Thé, café, rafraîchissements, jus et nectars de fruits.
- Boissons énergisantes, eaux aromatisées et mélanges en poudre.
La taxe prévoit des exceptions telles que les formules infantiles et les médicaments avec sucres ajoutés.
La demande pour traitement inéquitable
Les plaignants ont soutenu que la norme introduisait un traitement inégal arbitraire, affectant de manière disproportionnée ceux qui optent pour des alternatives végétales par rapport aux produits animaux. Ils ont souligné que :
- La différenciation constituait une discrimination indirecte, contraire au principe d’égalité substantielle de l’article 13 de la Constitution.
- L’exclusion des produits animaux et l’inclusion de leurs équivalents végétaux manquaient de fondement technique et contredisaient le principe de justice fiscale.
- Les consommateurs de lait de vache et de lait d’amande ont des conditions similaires de capacité contributive, et devraient donc recevoir un traitement fiscal équivalent.

Concepts du Procureur
Le Procureur a demandé de déclarer l’exequibilité partielle, reconnaissant que la mesure poursuit un objectif légitime :
- Protection de la santé publique.
- Justice sociale par la désincitation à la consommation de produits ultra-transformés nocifs.
Cependant, il a averti que la conception normative était insuffisante et disproportionnée, en n’incluant pas dans l’avantage fiscal les produits végétaux consommés par les secteurs vulnérables.
La décision finale
La Cour, par la sentence C-006/26, a confirmé la validité de la taxe et a rejeté les arguments de traitement inéquitable. Le jugement renforce la politique fiscale de santé publique et consolide la stratégie de l’État pour réduire la consommation de boissons ultra-transformées et sucrées.
L’approbation de la Cour Constitutionnelle marque un précédent clé dans la politique fiscale et sanitaire de la Colombie. La décision soutient la réforme fiscale de 2022 et réaffirme la légitimité des mesures fiscales orientées vers la protection de la santé publique, bien qu’elle laisse le débat ouvert sur l’équité dans le traitement des produits d’origine végétale par rapport aux animaux.



