La justice du Chaco déclare le fleuve Negro sujet de droits et ordonne la fermeture d’une décharge à ciel ouvert à La Verde

Dans la province du Chaco, la Justice a rendu un jugement qui établit un précédent en matière de protection de l’environnement. Le juge du Tribunal Civil et Commercial Nº 21, Julián Flores, a ordonné la fermeture d’une décharge à ciel ouvert de la municipalité de La Verde et a déclaré le fleuve Negro comme un système vivant avec des droits propres. Parmi ceux-ci, le droit d’exister, de ne pas être pollué et d’être restauré face aux dommages subis.

La résolution dépasse l’analyse technique d’une décharge et propose un changement de paradigme : le fleuve ne doit pas être considéré comme un objet passif d’administration, mais comme un organisme porteur de fonctions écologiques essentielles.

La cause et les preuves

L’affaire a débuté à partir d’une action en amparo présentée par Antonio Sotelo, producteur de bétail voisin du site dénommé « Centre de Traitement des Déchets Solides Urbains ». Ce qui devait fonctionner comme une usine de traitement opérait, selon l’inspection oculaire, comme une décharge à ciel ouvert sans contrôles.

Parmi les preuves, on mentionne des sacs plastiques ingérés par le bétail qui ont provoqué des décès, des lixiviats s’infiltrant dans les nappes phréatiques et la proximité alarmante — à seulement 500 mètres — avec le cours du fleuve Negro. L’expertise de l’Administration Provinciale de l’Eau (APA) a qualifié l’emplacement du site de « totalement illégal ».

décharge à ciel ouvert
La résolution judiciaire dans le Chaco établit un précédent sur les décharges à ciel ouvert et les droits du fleuve Negro.

Risques pour la santé et l’environnement

Le juge Flores a souligné que la dégradation progressive du fleuve par des rejets polluants, une gestion inadéquate des déchets et l’absence de planification environnementale affecte tant les habitants actuels du bassin que le patrimoine naturel des générations futures.

Le jugement avertit des risques concrets : pollution du sol et de l’eau, possible présence de métaux lourds s’infiltrant vers des zones productives et un impact potentiel sur la santé publique si ces substances atteignent les aliments consommés par la population.

Dans son arrêt, le magistrat a détaillé que la décharge se trouve à seulement 147 mètres du cimetière municipal et à côté de l’exploitation agricole du plaignant, ce qui aggrave les conséquences environnementales et sanitaires.

Il a également décrit des problèmes visibles tels que la dispersion de sacs plastiques et de déchets légers emportés par le vent, qui finissent dans les champs et sont ingérés par le bétail, causant de graves troubles digestifs et même la mort.

Le fleuve comme sujet de droits

En déclarant le fleuve Negro sujet de droits, le jugement impose à l’État du Chaco — à tous ses niveaux — le rôle de garant et de gardien. Il ne s’agit pas d’un geste symbolique, mais d’une position face à un modèle de développement que le juge considère incompatible avec la dignité humaine et la préservation de la vie.

Flores a également demandé que la municipalité de La Verde, avec les communes voisines et du Grand Resistencia, créent un organe protecteur du fleuve Negro.

Le jugement expose la problématique de la gestion inadéquate des déchets et de la possession irresponsable de décharges à proximité des cours d’eau. En même temps, il inaugure une vision juridique qui reconnaît les fleuves comme des systèmes vivants avec des droits propres, renforçant la nécessité de politiques publiques de conservation et de gestion environnementale.

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