Un rapport technique élaboré dans le cadre du projet Pacífico Sostenible, financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), mis en œuvre par le PNUD et exécuté par WWF Mesoamérica, avertit que le littoral pacifique du Panama fait face à des pressions environnementales croissantes.
Parmi celles-ci, on note la surpêche, la pollution marine et l’expansion des espèces invasives, des facteurs qui menacent la durabilité de l’un des écosystèmes les plus productifs du pays.
Principales menaces identifiées
- Surexploitation des pêches : la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, ainsi que les captures accidentelles, affectent les populations de poissons et les organismes marins, mettant en péril la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des communautés côtières.
- Pollution marine : rejets d’eaux usées, ruissellement agricole et déchets solides, notamment plastiques, détériorent la qualité de l’eau et les écosystèmes côtiers.
- Espèces invasives : introduites par le transport maritime international, via les eaux de ballast ou attachées aux coques des navires. Des cas comme Didemnum perlucidum dans le Golfe de Chiriquí, capable de déplacer les coraux, ou des mollusques comme Anomia peruviana et Saccostrea sp., suscitent des préoccupations. On a également détecté le crabe de vase nord-américain (Rhithropanopeus harrisii) et des parasites marins comme Perkinsus et Raillietiella frenata.
Écosystèmes critiques
Le Pacifique panaméen abrite des habitats essentiels tels que mangroves, récifs coralliens, prairies sous-marines et zones de haute productivité biologique. Ces écosystèmes remplissent des fonctions vitales :
- Refuge et reproduction des espèces marines.
- Protection des côtes contre l’érosion.
- Capture de carbone, contribuant à atténuer le changement climatique.

Dimension sociale et économique
L’océan Pacifique soutient des activités clés :
- Pêche artisanale : fournit 85 % du poisson consommé dans les communautés locales.
- Tourisme côtier : source importante d’emploi et de développement régional.
- Aquaculture : secteur en croissance qui dépend de la santé des écosystèmes marins.
Le diagnostic rappelle que le Panama fait partie du Grand Écosystème Marin du Pacifique Côtier Centraméricain (GEM-PACA), partagé par neuf pays de Mexico à l’Équateur, ce qui exige une gestion régionale coordonnée.
Recommandations de l’étude
Le rapport propose des mesures pour renforcer la gouvernance environnementale et la gestion durable des ressources marines :
- Renforcer les systèmes de suivi scientifique.
- Renforcer la coordination interinstitutionnelle.
- Lutter contre la pêche illégale avec des politiques plus strictes.
- Réduire la pollution côtière et améliorer la qualité de l’eau.
- Promouvoir l’économie bleue, en encourageant la participation des communautés locales, des femmes et des jeunes à la gestion environnementale.
Le vice-ministre de l’Environnement, Oscar Vallarino, a souligné que le Pacifique panaméen est l’un des plus grands patrimoines naturels du pays et une source de subsistance pour des milliers de familles. L’étude offre une base scientifique solide pour orienter les décisions publiques et progresser vers un modèle de développement durable.
La durabilité du Pacifique panaméen dépendra d’actions coordonnées entre le gouvernement, le secteur privé, les communautés et les organismes internationaux, transformant les preuves scientifiques en engagements concrets de conservation et de développement.



