La Justice du Mexique a décidé à l’unanimité qu’il est valide de percevoir des droits à ceux qui polluent les rivières par le biais de rejets d’eaux usées.
C’est ce qu’a récemment décidé la Cour suprême de Justice de la Nation (SCJN) du Mexique, dans une décision qui marque un précédent pour la protection de l’environnement dans le pays.
Le jugement a établi que tant les entreprises que les particuliers devront payer pour polluer les rivières et les plans d’eau fédéraux, en priorisant le droit à un environnement sain.
Il convient de préciser, en outre, que cela s’appliquera même lorsqu’il n’est pas possible de mesurer directement le volume rejeté.
Le ministre de la Cour Arístides Guerrero García a été celui qui a élaboré le projet qui fonde cette résolution.
Selon le document, la mesure vise à inciter les entreprises industrielles à installer des systèmes de mesure et à maintenir des contrôles sur la qualité des polluants qu’elles rejettent.

Comment fonctionnera la perception pour polluer les rivières
La Loi fédérale sur les droits établit le paiement correspondant pour le rejet d’eaux usées qui génère une pollution dans les rivières.
Ainsi, lorsqu’il n’est pas possible de quantifier le volume rejeté, la réglementation indique qu’une moyenne doit être appliquée conformément aux articles 277-A et 277-B, renforçant le cadre légal face à la pollution des rivières.
Ces dispositions indiquent que, en l’absence de mesure directe, le calcul se fait avec la moyenne des rejets effectués au cours des quatre derniers trimestres.
Cependant, le ministre président Hugo Aguilar Ortiz a souligné lors de la session plénière qu’il ne faut pas seulement considérer le volume des rejets.
« Il existe des industries qui surveillent ces paramètres pour rester dans les limites permises », a indiqué le fonctionnaire.
La mesure s’applique spécifiquement aux rejets polluants dans les rivières et les cours d’eau publics :
- Égouts qui se déversent dans les rivières
- Autres plans d’eau de juridiction fédérale
Le ministre Guerrero García a expliqué que ces normes respectent le principe de l’équité fiscale et visent à décourager la pollution des rivières par le biais de leurs rejets.
La distinction est faite entre les rejets qui disposent de systèmes de mesure et ceux qui sont effectués sans un contrôle précis du volume, tout cela dans le but de réduire la pollution des rivières fédérales.

Le cas millionnaire qui a inspiré la norme
Le recours en révision 233/2025 illustre l’application pratique de cette réglementation concernant la pollution des rivières et la perception correspondante.
Celui-ci se réfère à une entreprise liée à l’industrie de l’acier qui a effectué des rejets d’eaux usées dans des plans d’eau fédéraux.
En conséquence, un montant supérieur à 2,2 millions de dollars (plus de 125 000 USD) lui a été imposé pour un trimestre de rejets.
À l’époque, l’entreprise a intenté un procès en amparo, arguant que la méthode de calcul n’était pas adéquate.
La société a allégué que la distinction entre rejets mesurés et non mesurés était incorrecte, défendant sa position même pour des situations de pollution de rivières industrielles.
Cependant, le projet approuvé par la SCJN a conclu que la perception est constitutionnelle, de sorte que l’amparo a été refusé.
Cette résolution représente une avancée significative dans la lutte contre la pollution des rivières au Mexique.
Les autorités cherchent à ce que les entreprises mettent en œuvre des rejets prudents et assument la responsabilité économique de leurs rejets industriels.
Le jugement renforce également la protection de l’environnement naturel et établit un cadre légal plus strict pour les industries.
La SCJN a clairement indiqué que le droit à un environnement sain prévaut sur les intérêts économiques particuliers, notamment en ce qui concerne la pollution des rivières mexicaines.



