Les chercheurs du Musée d’Australie ont confirmé la découverte de deux espèces de marsupiaux que l’on croyait éteintes depuis plus de 6 000 ans.
Elles ont été trouvées vivantes dans les forêts tropicales de la péninsule de Vogelkop, Papouasie (Indonésie), grâce au travail conjoint de scientifiques et des anciens des clans Tambrauw et Maybrat, qui ont protégé l’habitat pendant des générations.
Les espèces de marsupiaux identifiées sont :
- Phalanger pygmée à doigts longs (Dactylonax kambuayai) : un marsupial rayé avec un doigt sur chaque main qui est deux fois plus long que les autres, une adaptation évolutive unique. On le croyait éteint en Australie depuis l’Âge de Glace.
- Petauriste à queue annelée (Tous ayamareunsis) : proche parent du grand petauriste australien, il représente le premier nouveau genre de marsupial décrit en Nouvelle-Guinée depuis 1937. Il est plus petit que son parent australien, avec des oreilles sans poils et une queue préhensile forte.
Importance culturelle
Le petauriste est connu à Vogelkop sous le nom de “Tous” et est considéré comme sacré par certains clans, qui le voient comme une manifestation des esprits des ancêtres. De plus, il joue un rôle dans les pratiques éducatives traditionnelles d’initiation.
Pour les Tambrauw, les arbres de kauri sont l’origine de la vie animale et humaine, ce qui renforce la connexion spirituelle avec l’environnement.

Taxons de Lazarus
Les deux espèces font partie des “taxons de Lazarus”, organismes qui semblent être revenus de l’extinction.
Le seul spécimen connu du petauriste était conservé au Musée d’Australie depuis 1992, bien qu’il ait été identifié à tort.
Implications scientifiques
La découverte soulève des questions cruciales :
- Combien d’espèces considérées comme éteintes pourraient encore exister dans des forêts reculées ?
- Quels autres animaux et plantes pourraient faire partie de cette biodiversité cachée ?
- Comment la science peut-elle collaborer avec les communautés locales pour protéger les habitats et découvrir de nouvelles espèces ?
Menaces actuelles
Bien que redécouvertes, ces espèces font face à des risques :
- Abattage d’arbres : menace directe pour le petauriste, qui niche dans les creux des grands arbres.
- Pression humaine : expansion agricole et déforestation en Papouasie.
- Changement climatique : altération des écosystèmes tropicaux.
La découverte du phalanger pygmée et du petauriste à queue annelée en Indonésie rappelle que la nature recèle encore des secrets.
Au-delà de leur valeur scientifique, ces espèces renforcent l’importance de la collaboration entre la science et les communautés indigènes pour protéger la biodiversité. Elles sont un symbole d’espoir et de la nécessité urgente de conserver les forêts tropicales face aux menaces mondiales.



